éditions des cahiers intempestifs
baseline

L E B L O G D E S C A H I E R S – P A G E 4

 

Blitz spirit

13 novembre 2015

 

 

Symbole du Blitz spirit, ou esprit de résistance, une photographie de la bibliothèque de Holland House à Londres, donne à voir des passants choisissant sereinement leur prochaine lecture alors que des poutres calcinées menacent de les assommer.

 

 

Un autre cliché montre un adolescent lisant calmement dans les ruines d'une librairie.

 

 

Keep calm and shoot the lazy bOx

 

 

 

La lazy bOx sous le regard
du studio photo Gutenberg networks Lisses

La lazy bOx sous le regard
du studio photo Gutenberg networks St-Étienne

 

La lazy bOx ou l'art de la pause

 

Virgule d’exclamation, point d’ironie, point exclarrogatif, point d’exclamation culbuté… des dizaines de signes de ponctuation sont tombés en désuétude sans jamais avoir réussi à s’imposer dans l’usage. Au cours de l’histoire de la langue française, parmi les nombreux signes inventés, seuls douze ont été standardisés et massivement diffusés. Les autres, proposés pour compléter la ponctuation, restent dans l’oubli.

Les XVIIe et XVIIIe  siècles, notamment, furent florissants et imaginèrent une ponctuation des plus fantaisistes. Si peu connaissent l’histoire de ces signes refusés, quelques artistes et écrivains se sont toutefois laissé entraîner à des facéties typographiques, inspirées par la poésie de ces respirations non standard : El Lissitzky ponctue Rabelais avec des signes de son invention, Michel Ohl exerce le point d’aisances, Olivier Houdart invente le «point de dépit mêlé de tristesse». Paul Claudel, lui, après Mallarmé, joue de l’art de la pause, avec une espace typographique vierge. Dans le même registre musical, et pour retranscrire intonations, variations de volume et de tempo, Ricardo Güiraldes propose de remplacer les signes de ponctuation par les signes du solfège. Le grammairien Gérard de Vivre avait, d’ailleurs, déjà instauré, au XVIe  siècle, un système typographique de « pauses » graduées, et de didascalies. Le plus connu, parmi ces inconnus, reste le point d’ironie, grâce à Agnès b. qui le remet à l’honneur dans son journal éponyme, et au Canard enchaîné qui y a recours occasionnellement. Dessiné par Alcanter de Brahm à la fin du XIXe  siècle, il est repris dans Plumons l’oiseau (où Hervé Bazin propose également cinq nouveaux signes de ponctuation : les points d’amour, de conviction, d’autorité, d’acclamation, et de doute).

Mais marquer l’ironie, n’est-ce pas un contresens : dès lors qu’elle est indiquée, son effet ne s’annule-t-il pas? L’utilisation d’un tel point alourdit la lecture du texte, tout en privant le lecteur de l’ambiguïté, de l’équivoque, qui constitue le principe même de l’ironie. C’est certainement pourquoi une telle ponctuation n’a jamais réussi à s’imposer. Cependant, malgré sa désuétude, elle connaît, de nos jours, une déclinaison dans le clin d’œil de l’émoticone.

Ce sont en particulier à ces précurseurs des émoticones que sont les signes typographiques émotionnels, et plus largement à la ponctuation non standard, que ce sixième OGNI entend s’intéresser.

La typographie donne à voir le langage, dans ses émotions comme dans ses respirations, et la lazy bOx selon Gutenberg networks entend partir à la découverte intempestive de ces drôles d’indices respiratoires visuels.

En savoir + sur la lazy bOx

 

 

BIENNALE INTERNATIONALE DESIGN 2015

 

 

Visiter les pages Biennale Internationale Design 2015

Type is Sexy : Helvetica mon amour

Type is Sexy : Intempestive Esperluette

Type is Sexy : Art, édition, musique & typographie

Regarder en plus haute définition sur YouTube

 

En savoir + sur Wikipédia

S'incrire à la newsletter

Rejoindre le profil Facebook

Rejoindre la page publique Facebook