Au commencement était l'origami

 

Beaucoup de spéculations ont été échafaudées quant à l’origine de la tradition du papier plié, mais la plus crédible semble être celle de l’importation au Japon par les moines bouddhistes de la pratique populaire en Chine des arts du papier.
À l’instar de son cousin chinois, le Zhézhï, l’origami (« ori », plier, et « kami », papier) désigne la technique du papier plié et le Kirigami, comme le Jianzhi, fait référence à celle du papier découpé.
Les arts du papier deviennent alors des acteurs indispensables des cérémonies japonaises durant la période de Heian (794-1185).
À l’honneur dans le culte shinto, leur vocation première est de servir le bouddhisme. La blancheur du papier évoquant l’idée de pureté, une multitude de bandes de papier découpées en zigzag, les Gohei, ornent les temples shinto comme autant d’incarnations des divinités.

 


Dans un même souci de personnifications divines, les rituels de purification ont recours au Katashiro, découpage de poupées dans un papier spécial venant du sanctuaire. Quant aux célébrations des mariages elles sont le théâtre où s’envolent des papillons, doubles de papier des mariés. Au XVIIe un poème de Ihara Saikaku met d’ailleurs en scène ces mêmes papillons pliés qui volettent dans un rêve.
La littérature populaire évoque elle aussi des protagonistes de papier, comme dans le conte Urashima Tarö publié en 1734 où figure une boîte de pandore en papier, un Tamatebako.

Quittant les temples, les vertus de l’origami deviennent également en vogue dans l’art du Bushi où les samouraïs échangent des fleurs en papier pour prouver leur amitié, emballent leurs cadeaux de Noshi, ces bandes de papier pliées, comme talismans censés porter chance.